Tête-à-tête avec Isabelle Tremblay, pilote NASCAR

Isabelle est la seule femme à piloter en série NASCAR Canadian Tire au Canada. Elle a fait ses débuts en 2008, à l'âge de 36 ans. Voici un coup d'oeil sur une femme d'action qui nous montre qu'il n'est jamais trop tard pour se réaliser.

Quelques minutes entre deux micros

C'était la conférence de presse pour l'annonce des nouveautés en saison 2012. Entre trois entrevues télévisées et un après-midi chargé d'entrevues radiophoniques, Isabelle me réserve une petite place au restaurant.

Je la vois sur l'adrénaline des rencontres médiatiques, conservant son grand sourire et son regard vif. Elle se focalise sur sa nouvelle saison et regarde en avant. Pour ma part, je tiens à savoir d'où elle vient et quel a été le déclic qui l'a menée ici aujourd'hui.

Parce qu'il y a eu un avant

Il y a eu de tout ; modeling, jardinage, tricot, passe-temps divers, emplois divers, immobilier. Il y a eu une femme qui cherchait sa voie avec l'espérance de mettre un jour le doigt sur la bonne. Jusqu'à cette saison 2008 où Isabelle se lance pour la première fois sur le circuit. Sa victoire à l'Enduro de St-Eustache, où elle est la première femme à remporter cette course de 200 tours, vient confirmer une chose à ses yeux; elle est enfin sur la bonne piste.

Parlant de métier

Maintenant pilote de profession, je l'observe s'animer en me parlant comment chaque matin la voit se lever avec un sourire; combien elle apprécie tous les aspects de son emploi. Que ce soit le dur labeur au centre de simulation, l'apprentissage de la mécanique de sa voiture, la concentration sur la piste, la rencontre des médias et des fans, Isabelle aime cette passion devenue travail.

Elle me compare son métier au démarrage d'une petite PME. C'est énormément de temps et de travail. Bien évidemment, il y a beaucoup d'appelés pour peu d'élus, me mentionne-t-elle. Trouver suffisamment de commanditaires et de financement est un stress avec lequel on doit s'adapter.

"Et ton fils? Il en pense quoi d'avoir une mère pilote de course?"

Mère monoparentale, elle doit composer avec les nombreux déplacements que son travail lui impose : les essais, les courses, et tout ne se passe pas à Montréal! Elle me sourit en disant : "Mon fils est un artiste. Pour lui, sa mère pilote de course ou pas, c'est pareil. Je crois que ce sont davantage ses amis qui trouvent qu'il a une mère cool".

Une femme dans un monde d'hommes

J'étais curieuse de savoir quel genre de pression le milieu exerçait sur une femme dans un monde compétitif et majoritairement occupé par les hommes. Je ne suis définitivement pas la première à lui demander. Elle me mentionne que, justement, à force d'entendre cette question, la réponse est de plus en plus claire pour elle. Il n'y a pas de pression supplémentaire. « Une fois sur la piste, ce n'est pas femme contre homme mais bien de pilote à pilote que la compétition a lieu. Les gars ne me laissent pas de chances parce que je suis une femme, les mêmes règles s'appliquent, » m'explique-t-elle.

On pourra suivre Isabelle lors de quatre des douze courses de la série NASCAR canadienne. Il y en aura peut-être d'autres qui viendront s'ajouter, c'est une question de financement. D'ici la prochaine course qui aura lieu cette fin de semaine au Canadian Tire Motorsport Park à Bowmanville, vous pourrez adhérer à sa Zone des fans de son site web ainsi qu'à sa page Facebook.

Isabelle Tremblay Nascar

Photo: Sébastien D'Amour

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