Subaru BRZ Sport-Tech 2013: essai routier

Coup de coeur, coup de pied

  • Design extérieur magnifique
  • Voiture de piste idéal pour la fin de semaine
  • Pas vraiment pour 4 passagers
  • N'est pas une Subaru faite pour l'hiver

L’enfant sage issu de la compétition

Il y a quatre ans à peine, les journalistes se seraient battus pour prendre le volant d'une création du tandem Subaru-Toyota (que d'aucuns ont baptisé depuis Subayota). Quand on a annoncé l'arrivée d'une nouvelle propulsion, fruit de la collaboration entre les deux constructeurs nippons, les subaristes sont montés aux créneaux contre cette Subaru dénaturée, dépourvue de la traction intégrale... jusqu'à ce que les premières esquisses soient publiées. La beauté peut faire oublier bien des choses, comme notre fidélité à la traction intégrale.

Subaru BRZ 2013

J'étais moi-même parmi les détracteurs de cette approche. Conductrice de Subaru depuis de nombreuses années, je ne pouvais imaginer une sportive portant l'écusson aux six étoiles sans la traction intégrale asymétrique pour me permettre de coller à la route dans toutes les conditions. Après une semaine passée au volant de la Subaru BRZ (ou de sa jumelle la Scion FR-S), je dois m'avouer conquise.

Tout un look

Même si vous ne conduisez pas la BRZ, vous devez reconnaître que c'est l'une des voitures les plus élégantes du moment (grâce aux designers de Toyota). Ses lignes élancées pourront faire dire à certains qu'elle a une allure « féminine », mais elle ne fait pas pour autant délicate ni fragile. Des phares avant élégants surplombent une calandre noire qui fait ressortir parfaitement les feux de position à DEL situés au-dessus des phares antibrouillard.

Les passages de roues élargis, qui galbent les roues de 17 pouces et la ligne du capot qui les épouse, rappellent certaines sportives huppées. L'écusson, fiché juste au milieu des phares au design agressif de la BRZ, sert de point de départ aux deux lignes qui se prolongent sur le toit (cela rappelle les toits de certaines voitures de course conçus pour permettre aux pilotes de prendre place avec leurs casques).

Un coup d'œil à l'arrière de la BRZ 2013 permet d'admirer ses formes et de se délecter de ses lignes raffinées. Assez curieusement, bien que nous ayons eu une Scion FR-S stationnée juste à côté pendant toute la semaine, c'est le design de la BRZ qui a retenu toute l'attention, probablement à cause du becquet arrière qui complète si bien sa silhouette.

Les feux arrière, situés sous ledit becquet, et la position inusitée des feux de recul ont animé quelques débats, mais rien de bien méchant.

Il ne fait aucun doute que la BRZ est une vraie voiture sport. Même ceux qui ignorent avoir affaire à une propulsion comprennent au premier coup d'œil qu'elle est faite pour la piste et la conduite dynamique, et c'est ce que j'aime chez elle. D'autres sportives n'affichent pas aussi clairement leurs couleurs. La Subaru BRZ 2013, elle, s'assume entièrement.

Subaru BRZ 2013 vue 3/4 arrière

Un coup d'œil à l'arrière de la BRZ 2013 permet d'admirer ses formes et de se délecter de ses lignes raffinées. (Photo: Sébastien D'Amour)

Un intérieur contigu

À l'intérieur, les choses ne sont pas aussi parfaites. Si j'ai bien aimé les sièges au design sport et si la position de conduite est au-dessus de toute critique aussi bien sur la piste que sur la route, certains détails de l'habitacle sont quant à eux carrément désagréables.

Mais commençons par le positif : le cuir noir et le faux suède piqués de rouge, le volant sport et le pommeau du levier de vitesses, le bouton de démarrage, les commutateurs de climatisation (très beaux) et les élégants sièges arrière (à utiliser par contre que si vous n'aimez pas vos amis).

Maintenant, jetons un coup d'œil sur le module de divertissement et le système de navigation Pioneer à écran tactile; de quoi faire enrager le meilleur wiz kid. À moins d'avoir des doigts d'enfant, il est absolument impossible de manipuler le contrôle de volume correctement. Et je vous mets au défi de changer les stations sur l'écran tactile sans stopper sur le bord de la route.

Bien que mon collègue Matt complimente Subaru d'avoir construit une voiture pas trop facile d'accès (« ça lui donne du caractère », dit-il), moi, je n'ai pas trouvé ça amusant. Même ma petite personne a eu du mal à s'adapter à la hauteur de l'assise du siège, et je ne suis pas certaine que j'aimerais passer plus d'une semaine à m'asseoir dans la BRZ et à en sortir.

Subaru BRZ 2013 écran tactile

Le système de navigation Pioneer à écran tactile à de quoi faire enrager le meilleur wiz kid. (Photo: Sébastien D'Amour)

Conduite dynamique

Mais bon, on ne s'en fait pas avec la radio quand on se trouve au volant d'une BRZ 2013.

Sous le capot bien sculpté de la BRZ se trouve un quatre cylindres à plat de 2,0 litres qui délivre quelque 200 chevaux et transmet ses 151 lb pi de couple aux roues arrière. Avec sa boîte manuelle à six rapports rapprochés, sa suspension avant à jambes de force MacPherson et sa suspension arrière à double triangle, la BRZ procure un plaisir simple et sans surprise.

Je dois admettre que la boîte de vitesses m'a donné du fil à retordre au départ. Sur la piste, j'ai trouvé les passages difficiles et j'ai manqué plus d'un changement de vitesse. Je croyais que c'était dû au fait que j'étais en piste (la nervosité sans doute), mais, quand j'ai constaté que j'avais le même problème sur une route de campagne toute tranquille, j'en ai pris bonne note.

Malgré une suspension un peu raide, j'ai beaucoup apprécié la réponse de l'accélérateur et le comportement nerveux de la BRZ. La voiture est tellement précise qu'il faut repenser ses trajectoires (surtout sur piste). Un petit mouvement du volant et voilà l'auto dans la bonne direction. Fantastique!

Subaru BRZ 2013 moteur

Sous le capot bien sculpté de la BRZ se trouve un quatre cylindres à plat de 2,0 litres qui délivre quelque 200 chevaux et transmet ses 151 lb pi de couple aux roues arrière. (Photo: Sébastien D'Amour)

Dédoublement de personnalité

C'est là que réside la surprise de la BRZ 2013. Au volant, je n'ai pu m'empêcher de penser que, si cette voiture m'avait été offerte sept ans plus tôt, au moment où j'ai acheté ma première Impreza, j'aurais peut-être pris une autre décision. En bonne célibataire dans la vingtaine, j'avais un penchant pour la conduite sportive, et la BRZ aurait été alors un choix logique. Offerte à partir de 27 295 $ (seulement 3000 $ de plus que l'Impreza de base de l'époque), cela n'aurait pas été un achat si déraisonnable.