Mitsubishi RVR GT 4RM 2012 : essai routier

Coup de coeur, coup de pied

  • Bien équipé
  • Beaucoup de style
  • Peu consommateur d'essence
  • Centre de gravité élevé
  • Accélération ennuyeuse

Le petit requin qui ne mange pas la route toute crue

Le constructeur japonais nous propose son multisegment petit format : le Mitsubishi RVR 2012. Confortable, de belle allure, économe en essence pour sa catégorie, il fournit beaucoup pour le prix, tant qu'on n'est pas accro aux accélérations brutales.

Mitsubishi RVR GT 4RM 2012

Un air de famille

On le reconnaît immédiatement, il a le look Mitsubishi tout comme l'Outlander. Et c'est le cas pour toute la famille depuis plusieurs années. Introduit pour l'année-modèle 2011, vous ne trouverez aucun changement visuel à ce véhicule pour la cuvée 2012. Il a néanmoins les lignes élégantes et la gueule agressive, un joli ensemble visuel, renforcé des jantes en alliage de 18 pouces sur le modèle GT.

L'intérieur est spacieux, confortable et offre même des dossiers de sièges inclinables pour les passagers arrière. Le RVR GT 4RM inclut, entre autres, accoudoir coulissant, sièges avant chauffants, climatiseur automatique, régulateur de vitesse, commandes au volant ergonomiques, tableau de bord épuré et système de son à s'en faire siller les tympans. En option, le groupe Premium ajoute la navigation, la caméra de recul et la sellerie de cuir et le siège du conducteur recoit des réglages électrique.

J'ai aimé le pavillon vitré géant qui occupe une bonne partie du toit. Je suis fan de la lumière naturelle et en avoir deux fois plus grand, même si on ne pouvait pas ouvrir le toit, était très agréable. Ça donne envie d'aller faire un tour en campagne pour observer les étoiles tout en restant à l'abri des maringouins.

Mitsubishi RVR GT 4RM 2012 toit ouvrant

J'ai aimé le pavillon vitré géant qui occupe une bonne partie du toit. (Photo: Mitsubishi)

Un ventre qui gargouille

Le moteur de 2.0 L à quatre cylindres présente 148 chevaux et 145 lb-pi de couple. Si nous le comparons au Hyundai Tucson, avec un poids et une cylindrée similaires, ce dernier dispose de presque 20 ch de plus. En fait, parmi les autres multisegments sur le marché, le RVR figure parmi les moins puissants.

Notre requin n'est pas le plus rapide dans l'océan. Toutefois, quand vient le temps de parler de consommation d'essence, il justifie amplement son manque de coeur au ventre. J'ai consommé 9.8 L/100km, ce qui le classe loin devant le Nissan Rogue et son 12 L/100km en ville !

La boîte de vitesses à variation continue (CVT) est jumelée à tous les modèles munis du rouage intégral - SE 4RM et GT 4RM. Choisie par le constructeur pour maximiser l'économie de carburant, elle laisse le conducteur impatient lorsque vient le temps d'effectuer un dépassement.

Ce type de boîte de vitesses laisse grimper le moteur dans les retranchements du compte-tours lors des accélérations, pour ensuite continuer sur sa lancée une fois la pédale des gaz relâchée et le régime-moteur redescendu à 2 500 tr/min. On doit donc composer avec une accélération moins subite et éphémère qu'avec les modèles à boîte automatique conventionnelle.

Mitsubishi RVR GT 4RM 2012 moteur

Le moteur de 2.0 L à quatre cylindres présente 148 chevaux et 145 lb-pi de couple. (Photo: Marie-Andrée Ayotte)

Agile comme un requin dans l'eau

Sa direction est délicieuse. Il n'y a pas de sous-entendus, pas d'hésitation; elle se dirige là où on le veut.

Partageant la plateforme de sa soeurette la Mitsubishi Lancer, le centre de gravité du RVR est décidément déporté vers le haut. Cet attribut n'invite pas à tourner les coins de rues sur un dix sous. À vide et sur le mode traction (2RM), j'ai eu l'impression de sentir l'arrière valser un peu dans les virages serrés. Suffisamment pour effrayer légèrement mon passager sur une route en travaux avec bosses et bifurcations. Mais le RVR tient bon et tient bien.

En matière de suspension, j'aurais apprécié un peu plus de fermeté. En fait, sa suspension rend la route confortable et plus douce, on ne peut pas nier cet aspect. Mais une fois combiné avec le centre de gravité élevé, j'ai eu l'impression de traverser les zones de travaux routiers en chaloupe plutôt qu'en voiture.

Mitsubishi RVR GT 4RM 2012 vue côté gauche

Sa suspension rend la route confortable et plus douce. (Photo: Marie-Andrée Ayotte)

Une manne de poissons

Je vous invite à jeter un oeil au Tucson, très similaire en prix et en option, mais avec une boîte automatique à six rapports qui vous sauvera de l'effet du CVT du RVR. Il en sera un peu plus gourmand à la pompe, cependant.

Le Jeep Compass ne laisse pas sa place sur le marché non plus. Pour des équipements similaires, une boîte CVT et un rouage intégral, vous resterez sous la barre des 32 000 $ alors que le Mitsubishi RVR GT, avec groupe d'option, montera la barre vers les 32 498 $.