Hyundai Genesis 3.8 berline 2012 : essai routier

Coup de coeur, coup de pied

  • Douceur et silence
  • Le luxe pour beaucoup moins cher

Hyundai pense « prestige moderne »; s’attaque aux chefs de file

« Au cours des dix dernières années, notre qualité de fabrication a beaucoup fait pour notre réputation. Mais maintenant nous voulons en plus devenir chef de file dans le segment haut de gamme - sans pour autant délaisser nos modèles économiques. »

S'adressant à des représentants médiatiques canadiens de passage aux quartiers généraux de Hyundai à Séoul en Corée, Won Hong Cho, VP exécutif et chef du marketing, a tracé les grandes lignes d'une stratégie dite de « prestige moderne ».

Hyundai Genesis 3.8 berline 2012

L'époque où Hyundai prenait tout le monde par surprise est maintenant révolue. Au cours de la dernière demi-décennie, elle a montré de quoi elle était capable en soutirant aux Japonais le monopole du marché des voitures économiques. Son objectif est maintenant d'appliquer les mêmes principes dans un marché appartenant traditionnellement aux Allemands (ainsi qu'à quelques marques japonaises).

Lancée en 2008, la Genesis a marqué le début de cette nouvelle lutte dans la catégorie des berlines à propulsion de luxe.

Malheureusement, la première génération de cette Hyundai haut de gamme n'a pas reçu l'accueil espéré, telles qu'en témoignent les maigres ventes. La Genesis, certes belle mais surtout trop discrète, n'avait pas encore ce qu'il fallait.

De retour cette année avec un peu plus de muscle, la Genesis 2012 arbore fièrement un tableau de bord raffermi, des bas de caisses plus sportifs et des phares à DEL scintillants comme jamais.

Mécaniquement, la Genesis est également plus convaincante, notamment en termes d'économie de carburant. Le V6 de 3,8L compte 43 chevaux de plus, pour un total de 333, et 27 livres-pied de couple supplémentaires, pour un total de 291.

En plus de quoi, Hyundai offre dorénavant une version de performance, la R-Spec propulsée par un V8 et une boîte de vitesses à 8 rapports, développée à l'interne.

Hyundai Genesis 3.8 berline 2012 moteur

Le V6 de 3,8L compte 43 chevaux de plus, pour un total de 333, et 27 livres-pied de couple supplémentaires, pour un total de 291. (Photo: Lesley Wimbush)

La cabine possède aussi tous les attributs d'une berline de prestige qui se respecte. Il y a un volant chauffé bien dodu, un système de son Lexicon à 17 haut-parleurs qui décoiffe et des DEL somptueuses pour l'éclairage de la cabine. Chacune des surfaces à l'intérieur est agréable au toucher.

Et enfin, les places à l'arrière se respectent : elles ne sont pas seulement spacieuses, elles sont également chauffées.

Le système d'infodivertissement situé sur la console centrale semble venir tout droit d'une BMW ou d'une Audi - mais reste facile d'utilisation, tout comme la planche de bord centrale qu'on croirait empruntée à Mercedes.

Après le bruit des portes en se refermant, règne à bord le silence qu'on obtient généralement grâce à l'utilisation des meilleurs matériaux isolants.

Les sièges par contre, malgré toute leur volupté, m'ont déçue. Ils portent plus qu'ils ne supportent. Peut-être les ingénieurs ont-ils sous-estimé la largeur du dos nord-américain typique? En tout cas, le rembourrage de la partie inférieure manque cruellement, surtout sur les côtés.

Hyundai Genesis 3.8 berline 2012 sièges avant et tableau de bord

La cabine possède aussi tous les attributs d'une berline de prestige qui se respecte. (Photo: Lesley Wimbush)

Le V6 offre tant de puissance et de souplesse qu'il en est presque difficile de justifier le V8. La boîte à huit rapports par contre, patauge quand vient le temps de rétrograder pour effectuer un dépassement. Effectivement, la boîte a l'intelligence de sauter des rapports dans le but d'économiser du carburant.

Pour ce qui est du levier de la boîte, situé sur la console centrale, il possède un mode automatique - les palettes au volant brillent par leur absence. Quant au volant lui-même, il rend très mal les sensations de conduite, ce qui en soi n'est pas un problème pour ce type de voiture. Les conducteurs recherchent confort et sobriété avant tout.

Les amortisseurs plus fermes et la barre antiroulis plus grosse greffés à la nouvelle génération de Genesis améliorent la tenue de route, rendent le véhicule plus stable - en virage par exemple, où l'assiette demeure neutre. Mais sur des routes amochées, la suspension ne fournit pas.

De façon plus générale, le caractère de la Genesis est calme et serein. C'est donc dire qu'elle partage des affinités avec ses semblables Lexus et Infiniti, mais se distingue des allemandes, plus sportives.

Si en conduite, la Genesis n'a rien d'époustouflant, il importe de préciser qu'elle s'insère tout de même bien dans le quotidien de n'importe qui étant donné son équipement impressionnant et sa sobriété mortuaire. Les sièges arrière remarquables mentionnés plus haut et le coffre gigantesque permettent d'accommoder à la fois des passagers et des paquets volumineux.

Et rien de plus facile que de stationner la Genesis grâce aux caméras de recul raccordées dans la cabine à un écran de 8 pouces. À mentionner aussi le système de réglage automatique des phares, l'alarme de sortie de voie, les clignotants intégrés aux rétroviseurs chauffants.

Le volant aussi est chauffant, option toujours pratique au Canada à cause de l'hiver rude.

Hyundai Genesis 3.8 berline 2012 caméra de recul

Et rien de plus facile que de stationner la Genesis grâce aux caméras de recul raccordées dans la cabine à un écran de 8 pouces. (Photo: Lesley Wimbush)

Parlant d'hiver, il paraît que les ingénieurs Hyundai planchent sur un système de traction intégrale, qu'on ne sait pas quand il sera disponible. De ce fait, les clients intéressés risquent d'aller voir ailleurs, là où la technologie est déjà offerte.

Battre les Allemands à leur propre jeu demande plus qu'une équipe technique calée et l'ambition d'être No 1. Pour ce faire, il faudrait que la Genesis rende elle aussi ce cachet tout particulier que les acheteurs recherchent.

Bien pensée et bien bâtie, la Genesis offre tout de même, à l'instar de ses compétitrices japonaises, tout le savoir-faire d'une technologie dernier cri. De leur côté, les berlines allemandes revendiquent les plaisirs indescriptibles de la passion.

Sur le fond, les lignes propres et le confort serein de la Genesis plairont à ceux que le luxe excessif rebute, mais qui apprécient quand même une pédale d'accélérateur franche - à un prix qui se situe bien en-deçà de ceux de la concurrence.